Chronique de Mustapha Jmahri : Anne-Marie Clavel ancienne enseignante à Had ouled Frej

Née en 1937 à Rabat, Anne-Marie Clavel-Giudicelli a exercé comme enseignante à Had ouled Frej (50 km d’El Jadida) au début de l’indépendance du Maroc. Son mari, technicien agricole, et elle, ont depuis travaillé dans différentes régions du Maroc au gré des mutations. Le prénom Monika lui a été décerné par ses élèves marocains. Dans ce récit, Anne-Marie raconte cet épisode marocain qui reste essentiel dans sa vie de jeune fille.

Je m’appelle Anne-Marie Clavel, née Giudicelli. J’ai vu le jour à Rabat en 1937 de parents Corses. Mes parents et autres membres de ma famille reposent toujours au cimetière de Rabat. En 1956, je suis devenue enseignante de français au Maroc et je fus affectée à Had ouled Frej (50 km d’El Jadida) dans une petite école dirigée par feu Tibari Arsalane. En fait, le poste était vacant et je l’ai obtenu rapidement. Cette année-là, je venais de me marier. Mon mari aussi travaillait à Had ouled Frej où il était technicien supérieur du Génie rural et s’occupait des questions d’irrigation. Feu Si Tibari était un bon directeur qui m’a bien aidée dans mes débuts de fonction. J’ai sympathisé avec lui et un jour, en discutant de choses et d’autres, il m’avait expliqué le choix de son patronyme.

Après deux années passées à Had ouled Frej, mon mari fut muté à Rabat pour occuper un poste à l’Office national de mise en valeur agricole (ONMR) et c’est ainsi que j’ai demandé ma mutation près de mon mari.  J’ai été nommée à l’école Cherratine de Salé et j’ai terminé ma carrière à Rabat à l’école de garçons de la rue de Sefrou. Dans ma carrière au Maroc, j’ai dû avoir au moins 500 élèves et j’ai retenu certains prénoms ou visages comme Omar Bahcine. En 1956, les élèves m’appelaient affectueusement « Monika ». Dans ma carrière d’enseignante, je n’ai jamais eu de problèmes de discipline, il faut dire que je préparais mes cours, je ne laissais pas de place à l’improvisation !

Après, mon mari a été muté en Guadeloupe au Génie Rural de Basse-Terre où nous sommes restés quatre ans avec nos deux enfants. Nous sommes retournés de nouveau à Rabat lorsque mon mari est entré au bureau de la FAO de cette ville et a également travaillé pour l’ONI. Quatre ans plus tard, il a pris ses fonctions au ministère de l’Agriculture à Perpignan.

J’ai appris beaucoup de la vie et de ses péripéties. Je réalise combien ma vie a été riche dans ses souffrances, ses joies et ses découvertes. À cette époque-là, nous devions assumer nos choix sans attendre aucune aide. C’était une autre génération. J’étais maman et j’ai fait de mon mieux avec mon petit salaire. Au Maroc, du fait du travail de mon mari j’ai connu beaucoup de régions dont Taounate, zaouïa Ahansal et la commune rurale de Haddada.

Depuis quelques années, mon mari traverse une période difficile car je pense que le décès de notre fils âgé de 21 ans l’a profondément touché. Ainsi va la vie.

jmahrim@yahoo.fr

Photo : Anne-Marie Clavel et ses élèves à l’école Cherratine de Salé

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