Chronique de Mustapha Jmahri : Albert Bensoussan, un écrivain aux racines marocaines

De grands-parents marocains, originaires de Debdou (province de Taourirt au Maroc), Albert Bensoussan est né en 1935 en Algérie. Professeur agrégé d’espagnol, il enseigne à Alger jusqu’en 1961, puis à l’Université de Rennes-II de 1978 à 1995. Il fut successivement, professeur émérite, puis professeur honoraire des universités. Il anime encore des séminaires de traduction au Collège européen de traduction littéraire de Bruxelles depuis 1990 et fut membre fondateur de l’Association des traducteurs littéraires de France. Il est également traducteur attitré de Mario Vargas Llosa, son ami de plus de quarante ans, nobélisé en 2010.

Albert Bensoussan a écrit plus de quarante ouvrages : essais, romans et traductions. Dans presque toute son œuvre, apparaît l’univers judéo-arabe soit en relief, soit en toile de fond (lire par exemple, L’Anneau, Dans la véranda ou La Tendre indifférence). Dans la plupart de son œuvre, il nous livre les clés de son enfance, dans une langue somptueuse qui mêle saveurs, couleurs et odeurs d’une ville, Alger la blanche, paradis à jamais perdu. Dans d’autres textes, à sa façon, il célèbre la gloire du Maroc et l’heureuse et millénaire coexistence des juifs et des musulmans sur son territoire.

J’ai connu Albert Bensoussan en France, la première fois, en 2018, quand j’ai assisté à l’une de ses conférences données dans le cadre des activités de l’Association des retraités de l’université de Rennes. Puis, la deuxième fois, dans des conditions un peu particulières. C’était en mars 2020. En visite à Rennes chez ma fille, je restai bloqué en Bretagne, pendant plus de quatre mois, à subir le confinement décrété en réponse à la propagation du Corona. J’ai alors sympathisé avec Albert qui, après avoir lu certains de mes ouvrages parus dans la série Les cahiers d’El Jadida, m’a écrit : « Tout ici est amitié et chaleur humaine. Et l’on voit bien quel beau pays fut et est le Maroc, patrie de mon grand-père paternel, qui vivait à Debdou, au XIXème siècle, et où mes parents, après leur mariage à Nedroma (Algérie) s’installèrent pour trois ans à Berkane au Maroc. C’est là que naquirent, en 1920 et 1922, mes deux frères aînés, donc Marocains de naissance. Je vous remercie de m’avoir fait partager votre travail ».

Albert Bensoussan, anime toujours des rencontres culturelles. Il est en outre collaborateur à divers périodiques culturels.

jmahrim@yahoo.fr

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