chiadmi

 

Puisque les temps d’aujourd’hui sont aux réminiscences et au réveil de la mémoire et des consciences afin d’immortaliser les bribes d’un passé partagé où chacun de nous y retrouve une partie de lui même, je ne peux être que bienheureux d’adhérer à cet élan dont font preuve nombre de Jdidis qui commencent à sentir la morsure de ces vents qui soufflent dans la mauvaise direction, emportant dans leur sillage tout un pan de la grande histoire de la ville d’El Jadida. L’histoire de ses murs, de ses hommes de ses traditions … et de ses gloires et grandeurs.

Encore bien heureux de saluer l’initiative de l’Association Mazagan-El Jadida Pour le Patrimoine ( AME2P) qui a remis au devant de la scène le prestigieux passé sportif de la ville, tout en rendant hommage aux gloires qui ont marqué profondément leurs empreintes sur la scène sportive de cette terre fertile des Doukkala.

Ainsi donc et suivant ce même sillage, il m’est agréable de retracer le parcours de l’inénarrable Chiadmi Abdellatif, cette éternelle tête d’or que tous les gardiens de but de son époque craignaient.

CHIADMI Abdellatif est natif d’El Jadida et plus précisément du quartier Essafâa, qui est reconnu comme étant le fief incontestable du DHJ et du Football Nationaliste durant le temps du protectorat, Il a taquiné le cuir dès son plus jeune âge. Rien d’étonnant à cela, lorsqu’on habite à quelques dizaines de mètres de la splendide plage d’El Jadida, et surtout lorsque le maître d’œuvre est un homme de la trempe d’un autre géant du nom de Mohamed Bel Arbi Zouraïk, plus connu sous le nom de Bakle.
C’est au cours de la saison 57/58, juste une année après la création officielle du DHJ, que cet enfant prodige du quartier Essafâa a intégré l’équipe des grands, marquant ainsi le début de l’une des plus fascinantes carrières en matière de génie footballistique, aux côtés de Chtaïni, détenteur de l’auréole du premier buteur National, par 22 buts, durant cette même saison.
Après une courte éclipse qui l’a mené vers les rangs de Nejm chabab, chiadmi a vite renoué avec ses sources d’origines avec plus de détermination, surtout que les vents n’avaient pas été propices pour son équipe qui a dégringolé en deuxième division, après son départ qui a coïncidé, à peu de temps près, avec celui de Chtaïni et Samame.
L’objectif de la montée a été atteint en 66, par une formation plus combative que jamais, menée avec maestria par Chiadmi et ses co-équipiers et dirigée dans les règles de l’art par feu chergui lyazid et Taoufiq brahim.
C’est à partir de cette date là, qu’a commencé l’immortelle épopée d’une équipe, ayant tracé son empreinte profondément dans les annales du Football National.
C’est aussi au cours de cette même période que prend naissance le mythe de Chiadmi la tête d’or et le premier buteur National de la saison 66/67, cet enfant virtuose du quartier Essafâa, qui a insufflé dans les veines de Difâa d’El Jadida, le sang des grands défis, avec le soutien de ses talentueux compagnons de toutes les gloires, Maâchaoui, Maâroufi, Wazir, chicha, Krimou, Moubarik, Chrif, Dezzaz…et la liste est encore longue.
Au cours d’Avril 1971, et pour des raisons d’ordre professionnel, Chiadmi s’est retrouvé encore une fois dans l’obligation de quitter El Jadida. Mais si une partie de lui-même est restée pour toujours accrochée au cœur de son équipe d’origine, Chiadmi n’a pas résisté aux démons du football qui l’habitent. Et c’est cette phobie du ballon rond qui l’a amené à fonder le premier noyau de l’équipe du Crédit Agricole, qui n’a pas manqué de disputer dans des délais record les barrages de deuxième division version 72/73.
Nouveaux horizons, nouvel objectif. L’étape de Salé est considérée, jusqu’à nos jours pour Chiadmi, comme étant l’une des plus nostalgiques. Ses meilleurs souvenirs ne tarissent pas, immortalisant ainsi, les plus délicieuses joies de la montée en première division (saison 73/74), aux côtés d’Abdelhay, M’barek, Pitchou, Zahraoui, Abbas, et bien d’autres.
Après toutes ces pérégrinations, durant lesquelles, l’enfant prodige d’El Jadida a représenté le meilleur ambassadeur du Football Doukkali, l’appel du bercail a été encore une fois des plus impérieux pour Chiadmi, qui a renoué avec ses racines, dans les rangs du Rachad d’El Jadida aux côtés de ses proches amis du quartier Essafâa, bouclant ainsi et en toute beauté, une carrière Footballistique propre mais fortement chargée de sagesse, de déontologie, d’amitiés et surtout de gloires collectives.
Et c’est dans la discrétion que ce géant du Football local, a raccroché ses godasses, pour se libérer au devoir familial.
En tournant définitivement le dos au ballon rond en tant que profession, alors qu’il était encore au sommet de ses rendements, Chiadmi Abdellatif, qui a fait de la simplicité sa seconde nature, n’a laissé dans son sillage qu’une traînée d’amours, d’amitiés et de beaux souvenirs…Peut être a-t-il voulu savourer dans l’intimité ce beau divorce, qui ne peut être selon lui, que synonyme du plus merveilleux des parcours.
Aujourd’hui encore Chiadmi le pacifique et l’ami de tous, se délecte en silence, des souvenirs de ces meilleures années de sa vie, qu’il a consacrées aux plus spectaculaires tableaux du football national, un Football de qualité et une carrière sans faute.

Chahid Ahmed

 

 

 

 

 

 

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