najat

Par :Bouthaina Azami

Elles ont changé de nom comme pour renaître, rompu avec un passé douloureux. Retour sur la vie de ces artistes marocaines dont la vie a été un véritable parcours du combattant.

Nombreuses sont les artistes marocaines qui ont échangé leur nom de baptême contre un pseudo, comme pour rompre avec le passé. Un acte manifestement symbolique, en effet, pour nombre de ces femmes qui se penchent sur leur enfance et leur jeunesse avec douleur et amertume. Un passé inoubliable, bien que le nouveau nom qu’elles se sont donné simule une renaissance.

Ces femmes dont l’enfance a été volée, violée à l’instar de Fatima Tihihit qui, à l’âge où on dorlote des poupées, s’est retrouvée dans le lit conjugal. Ses chants, sa voix, restent empreints de cette enfance aux rêves trahis, une enfance à l’innocence brisée et où le corps de la petite fille ployait sous le bois de chauffage. Une petite fille qui, au lieu de courir le matin vers l’école, allait au pâturage garder les chèvres.

Plus tard, la jeune femme, devenue mère, ira de mariage en divorce. Son départ pour Casablanca, où la conduira la femme de son cousin, marquera un nouveau départ dans sa vie. Elle y rencontrera, en 1984, Raïs Mahamed Bounsir qui fera décoller sa carrière artistique. La musique viendra mettre un peu de baume sur ses plaies.

Aatabou… L’artiste que ses frères voulaient tuer

La passé  de Najat Aatabou est douloureux. Un passé que l’artiste n’a jamais voulu oublier, comme elle l’a si souvent dit, comme si ses souvenirs lui avaient donné la force d’avancer et de construire son univers artistique. Ses débuts? D’autant plus difficiles que sa famille a vu comme une offense, un déshonneur, la carrière qu’elle avait décidé d’embrasser. Au point que ses frères ont tenté de la tuer. L’artiste a alors décidé de fuir la ville familiale de Khemisset pour se rendre à Casablanca. Elle s’y battra avec courage et finira par avoir le succès qu’on lui connaît. Un succès qui la mènera jusqu’à l’Olympia, en 1982.

Les exemples ne manquent pas. Daoudia, de son vrai nom Hind Elhanouni, a ainsi de même été rejetée par son père qui n’a su accepter son choix de vie. Un choix de vie qu’elle avait déjà fait à l’âge de 13 ans à peine. Elle passera alors trois ans à errer dans les rues, jusqu’à sa rencontre avec Saïd Senhaji  qui l’aidera à se propulser sur le devant de la scène.

Et pourtant, si, malgré les embûches semées sur leur chemin et les violences dont elles garderont à jamais la mémoire, ces femmes ont réussi, avec courage, à se battre jusqu’à atteindre le succès, elles restent souvent aujourd’hui victimes de harcèlement et railleries.

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