Écrit par : Hadj Abdelmajid Nejdi et Elmostafa Lekhiar

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Au XIX et XXème siècle, on plantait à El Jadida des washingtonias, des lauriers-roses, des eucalyptus, des pins, des acacias, des palmiers, des dragonniers, des Araucarias, des lagunarias (l’ibiscus d’Australie)… . Et que plante-t-on au XXIème siècle ? Quelle est la place réservée à l’arbre dans la ville d’El Jadida? Et plus particulièrement aux arbres du centre-ville? Il semble que certaines personnes à El Jadida aient du mal à supporter les arbres.

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Nos paysages peuvent évoluer très lentement et subir des transformations majeures sans que l’on n’y prenne vraiment garde. C’est le cas du centre-ville d’El Jadida. Un jour on entend parler de dragonniers abattus parce qu’ils ont été saccagés par des jeunes, un autre jour on entend parler de l’abattage de palmiers, un autre jour de grands et vieux lagunarias sont abattus, un autre jour on entend qu’il y a des menaces sur des lauriers-roses, et peut être sur de vieux washingtonias…

Quand on se demande pourquoi, on entend qu’il y a des arbres encombrants ou dérangeants certaines personnes… On entend qu’il est normal d’assainir telle avenue  arborée de la ville et qu’il n’y a pas de soucis à le faire. Hé bien non, ce n’est pas aussi simple, car il y a un grave vice caché : on abat des grands arbres et on ne replantera jamais d’autres même si on entend qu’on va planter dans tout El Jadida 2000 arbres!

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Ces derniers jours à El Jadida, pour des arbres de l’avenue Ennakhil, c’est le massacre à la tronçonneuse ou à la scie ! On les coupe ou on use d’autres moyens pour les tuer. En effet, certains propriétaires des nouveaux immeubles ne se soucient point de la préservation de l’alignement d’arbres se trouvant en face de leurs constructions. Plusieurs cas d’abattage d’arbres de façon illégale ont été constatés. Le premier mauvais exemple vient, surtout, de l’actuel conseil municipal qui a abattu les lauriers-roses sous prétexte qu’ils vont été remplacé par des palmiers, dans le cadre des travaux de réaménagement de l’avenue Ennakhil pour un montant de 4 350 000 dirhams.

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Dans l’avenue Ennakhil, les arbres alternaient leurs fleurs en blanc, en saumon, en rose ou rouge à pétales simples ou doubles. Mais quelle que soit leur couleur, c’était toujours des lauriers-roses. Et d ailleurs, on en trouvait  un peu partout dans les rues et les parcs d’El Jadida et dans des jardins privés.

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D’origine méditerranéenne, les lauriers-roses foisonnent dans tous les pays du pourtour de la Méditerranée et fleurissent tout l été. On l’appelle en latin : Nerium Oleander. On en trouve souvent, à l état sauvage, le long des oueds ; pourtant les lauriers-roses n ont besoin de presque rien et peuvent survivre à toute canicule. Car l’arbre a développé un mécanisme extraordinaire qui lui permet de limiter ses pertes d eau, en particulier dans ses feuilles où le système de passage entre l’atmosphère desséchante et le milieu intérieur aqueux est protégé par des poils.

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Mais, les gérants de la ville abattent les arbres à tour de bras pour… Ce nouveau cas d’abattage d’arbres soulève la colère des habitants d’El Jadida.

Et même si on propose des réparations (replantation des arbres abattus), cette solution sera, à ce titre, notoirement insuffisante. Car la plantation de sujets plus jeunes ne peut compenser la perte des beaux arbres abattus. Il faut 100 ans pour faire un bel arbre, mais quelques minutes pour le détruire.

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Or, la grande déception des habitants d’El Jadida c’est que « la vague sanguinaire » de ce carnage écologique se propage de plus en plus. Allez voir le massacre systématique et impuni tout au long des avenues Hassan II et Mohammed Errafi, ainsi que la place El Hansali où plusieurs arbres avaient été abattus et d’autres se sont asséchés du jour au lendemain.

Ainsi, des centaines d’arbres sont abattus, de temps en temps, en toute impunité, à l’image aussi de ceux du côté de la Kissariat Ben Nahon et en face de certains restaurants de l’avenue Mohammed Errafi, âgés de plus de soixante années, abattus dans la clandestinité, sans que personne ne s’en soucie. Les traces sont toujours visibles sur place, ce qui en témoignage de ce crime écologique en milieu urbain. Les autorités et le conseil municipal sont donc interpellés afin de mettre un terme à ce massacre écologique qui ne dit pas son nom.

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Messieurs les responsables, n’avez-vous pas constaté que de nombreux commerçants à El Jadida ont suscité à maintes reprises la polémique au sujet de l’abattage illégale des arbres qui dissimulaient les façades de leurs locaux de commerces ? Le comportement de ces barbares égoïstes, qui ignorent ce que veut dire être citoyen, ne pensent même pas à la protection de l’environnement et de l’oxygénation de l’air d’El Jadida, déjà très pollué ! Ils ne pensent qu’à leur commerce. Et le plus terrible, c’est qu’ils sont convaincus qu’ils n’auront aucune sanction ! Du côté de ses soi-disant associations locales de protection de l’environnement, on n’entend pas pousser le dossier plus loin, étant donné que les dommages sont très considérables. Même son de cloche du côté des soi-disant militants pour l’Environnement.

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L’on se demande aussi où sont ces défenseurs de l’environnement qui font à chaque fois un tapage médiatique, pour des buts inavoués, pour dénoncer avec vigueur et virulence, l’abattage de ces arbres. Le questionnement reste posé sur les tenants et aboutissants, de cette conception des deux poids et deux mesures sur la notion de la protection de l’environnement et de l’écologie en particulier. En attendant  le tissu végétal d’El Jadida se rétrécit comme une peau de chagrin, laissant libre cours au béton et à ses dérivés.

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Le gouverneur de la province devra appliquer la loi en matière d’abattage d’arbres en milieu urbain ; notamment le Dahir du 30 juin 1916 qui stipule qu’on ne peut abattre un arbre qu’après une autorisation et qu’on plante à la place d’un arbre abattu 20 autres. Devant ces agissements, que dit la loi ? Selon la législation nationale, l’abattage, le déplacement ou la transplantation d’un arbre nécessite une demande de l’intéressé exposant les motifs de ce déplacement (entrée de maison, de garage, de magasin, etc.). Après cette demande, une commission locale se déplace sur les lieux pour établir un constat et prendre une décision. S’il y a gêne, les services de la ville se chargent de l’abattage, à condition que le concerné veille à compenser l’arbre abattu par l’implantation par 20autres ailleurs, ou du déplacement. Si aucune destruction n’est justifiée par la commission, il est demandé à la personne concernée de s’abstenir de toucher à l’arbre sous peine de poursuites légales. Les palmiers, eux, sont protégés par un Dahir royal.

Les rôles des arbres en ville

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L’arbre en milieu urbain est avant tout source de bien-être physique et de santé mentale des citadins, en contribuant par sa présence à l’amélioration de la qualité de vie. II constitue une forme d’ambiance remarquable et suscite un sentiment d’admiration. Les espaces boisés permettent de maintenir une certaine proportion d’éléments naturels indispensables à l’équilibre psychique des individus. Les arbres et arbustes donnent une dimension humaine à la ville et au paysage urbain. Les plantations de rues créent un espace plus confortable pour les piétons. Les gens sont plus intéressés à circuler à pied, en empruntant des rues agréables. Les arbres servent également à séparer l’espace piétonnier de l’espace routier lorsqu’ils sont plantés en banquette et assurent ainsi un sentiment de sécurité aux piétons.

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La végétation, particulièrement les arbres, améliore l’esthétique du paysage urbain en créant un changement de texture, un contraste de couleurs et de formes par rapport aux bâtiments adjacents. L’arbre d’ornement est caractérisé par la beauté de sa floraison spectaculaire, de son feuillage, de sa forme, de sa couleur, de la texture de son écorce et de toutes les autres caractéristiques ornementales.

 

 

 

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