Très discrète durant de longues et difficiles décennies de marginalisation, malgré sa forte charge historique et ses lointaines origines dont les racines se diluent dans la nuit des temps, Azemmour, l’éternelle Azama est considérée de nos jours, comme l’un des plus précieux  joyaux de la province d’El Jadida.
De ses interminables et mouvementées nuits de noces, les chercheurs ne nous ont rapporté que quelques bribes de confidences, alors que son histoire est inscrite sous une succession d’ères, où prospérité et décadence se sont entrechoquées, pour faire d’Azemmour le symbole de ce phénix des Doukkala qui meurt et renaît toujours de ses propres cendres.
Après de multiples périples, peu ou prou véhiculés par les écritures anciennes, elle a été fortifiées sous le règne des Almoravides, où elle a connu un grand développement en cette période, suite à l’édification d’un port sur la rive de l’Oued Oum Errabie. Au début du XII ème siècle(1144), la ville d’Azemmour a été détruite par les troupes de Tachfine Ben Ali, et il a fallu attendre l’intervention des Mérinides en 1266, pour la relever de ses ruines. En 1513, la ville est tombée de nouveau sous la domination Portugaise et cela a duré jusqu’en 1541. Après le départ de ces derniers, Azemmour devient de plus en plus discrète dans les récits et reste à peine mentionnée par quelques sources.
Aujourd’hui, les  temps sont à la renaissance de cette doyenne des cités Marocaines, et surtout à la réhabilitation de cette mémoire collective. De multiples signes avant coureurs la prédestinent vers une dimension plus en phase avec la richesse de son passé et les aspirations de son avenir.
De par sa proximité avec le projet de la station Mazagan de Haouzia, la ville d’Azemmour, se doit de représenter le fer de lance de toute initiative en mesure de donner un sens au développement du tourisme dans la Province. Tous les critères sont réunis dans cette petite entité urbaine pour en faire le prolongement naturel de la station touristique de Haouzia.
Il faut dire que cette médina, qui compte parmi les plus anciens centres urbains du pays, pour ne pas dire le premier, aspirait fortement à une telle bouffée d’oxygène, pour se revitaliser, consolider ses positions et renouer avec ses temps de prospérité lointaine.
L’histoire reprend souvent ses droits, et celle d’Azemmour ne peut échapper à cette règle. Son destin qui s’inscrit sous de bons auspices, devrait être intimement lié à ce projet, dont la proximité est toute à l’avantage de cette cité qui a supporté stoïquement tous les complexes de l’oubli et de la marginalisation.
Azemmour dispose de tous les charmes pour séduire. Sa vieille médina éternellement suspendue sur les hauteurs de l’Oued Oum Errabie, porte encore en elle-même l’empreinte de toutes ces civilisations lointaines qui l’ont tour à tour courtisée, séduite ou répudiée, au gré des humeurs de l’époque et des soifs de gloire.
L’autre atout dont dispose encore Azemmour, c’est qu’elle a su conserver intacte toute sa vocation et ses caractéristiques de ville typiquement Marocaine. En se repliant sur elle-même durant de longues décennies, la ville n’a pas trop maculé son cachet local ni encore moins cette spécificité Marocaine qu’on retrouve rarement ailleurs.
Il faut souligner que la vieille médina, qui s’étend sur une superficie de 12ha et dont près de 130 de ses habitations sont répertoriées comme étant d’un intérêt historique et architectural indéniables, a beaucoup souffert de négligence durant de longues périodes. Des décennies de marginalisation et d’anonymat, au cours desquelles  cette ancienne cité s’est renfermée sur elle-même, subissant de plein front toutes les désuétudes du temps, au point où près de 20% de son cadre bâti, essentiellement traditionnel s’est retrouvé dans un état de dégradation très avancé.
De nos jours, les temps doivent être impérativement orientées vers la revitalisation de cette sentinelle de l’histoire ancienne du pays.
Il paraît qu’une première hirondelle plane déjà dans les cieux azurés d’Azemmour. Elle est annonciatrice de la fin de cette froideur hivernale qui a longuement et durement figé la ville et ses habitants.
Serait-elle annonciatrice de cette «mère du printemps », dont seul l’Oued Oum Errabie en garde les plus reculés des souvenirs ?
CHAHID AHMED

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