Azemmour : deux camions engloutis par la mer pendant le pillage du sable à Lalla Aicha Lbahrya

Serait-ce la baraka de Lalla Aicha Lbarrya, ou la malchance de ces pilleurs de sable qui a empêché

que ce site ne soit encore une fois l’objet de pillage de la part de cette mafia qui continue à détruire l’environnement sans se soucier de ses conséquences sur l’écosystème ?

En cette nuit du vendredi 11 juin, deux camions de poids lourd ont été ensevelis par le sable, puis complètement engloutis par les eaux, sur la plage de Lalla Aicha Lbahrya relevant de la Commune de Sidi Ali Ben Hamdouch, lors d’une tentative de pillage du sable de ce site.

Certains exploiteurs des carrières de sables qui sont à proximité de cette plage seraient habitués régulièrement à son pillage, toujours de nuit, vu sa proximité. Ils procèdent ensuite à son stockage et à sa vente le matin venu.. Des infractions commises au vu et au su de tous et qui demeurent impunies.

Cette opération de pillage aurait mal tournée suite à un différend entre les chauffeurs dont l’origine serait un malentendu entre leurs patrons, qui sont les exploitants des carrières avoisinantes.

Une mésentente qui aurait sûrement duré jusqu’à la montée de la marée qui a fini par engloutir les deux camions.

La suite est on ne peut plus incroyable, puisque le lendemain, à marée basse, l’un des deux camions a refait surface.

Et la question qui reste éternellement posée c’est jusqu’à quand va encore durer ce pillage des plages, sans que les autorités concernées ne lèvent le petit doigt pour arrêter cette atteinte flagrante à l’environnement.

Le sable est la ressource naturelle la plus utilisée sur terre et à des proportions vertigineuses. On estime que l’exploitation annuelle mondiale du sable représente 15 milliards de tonnes.

Pour ne parler que de son utilité dans le secteur de la construction, ce matériau domine et est présent dans tout ce qui nous entoure, ce qui rend sa demande en constante accroissement et son commerce en pleine expansion.

Au début, les carrières de sable et de gravier suffisaient à pallier au besoin des constructions à réaliser. Une fois cette matière épuisée au niveau des carrières en nombre limité, la mafia de l’extraction du sable s’est tourné vers le sable des rivières, des oueds et même des plages. Certains grands exploitants se sont même tournés vers les océans pour extraire le sable en quantité industrielle, grâce à la technique du dragage.

Il existe certes, une réglementation relative à l’extraction du sable. Mais l’indulgence de certaines autorités inhibe le pouvoir dissuasif de la loi sur le littoral, censée interdire depuis 2015 le prélèvement du sable au risque d’écoper de 5 ans de prison.

Cependant, cette mafia existe bel et bien et continue son pillage sans se soucier de ses conséquences sur l’environnement. C’est ainsi que certains acteurs associatifs de la société civile de la région d’El Jadida, conscients de la gravité de la situation, avaient tiré la sonnette d’alarme et adressé une lettre ouverte au Gouverneur d’El Jadida pour que des mesures soient prises afin de sauver les alentours de la plage de Lalla Aicha Lbahrya, souvent confrontée à ce délit qui reste impuni.

Selon ces associations, les quantités de sable prélevées au niveau de la plage Lalla Aicha Lbahrya et de la forêt Al Haouzia quotidiennement s’élèvent à 70 camions poids lourd, équivalents à un revenu de 350 000 dirhams, faisant gagner à ces pilleurs des sommes mensuelles colossales, se comptant en millions de dirhams.

De plus, suite à ce pillage, l’eau de mer a envahi la forêt la transformant en un grand lac d’une superficie de 45 hectares.

Il serait grand temps pour les autorités concernées de prendre les mesures qui s’imposent afin de préserver ce qui reste de ce sable si indispensable à l’équilibre environnemental.

Khadija Choukaili

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