Par : Abdellah Hanbali

Abdelhak Serhane  est écrivain, poète et universitaire marocain. « Ecrivain ? Tu es plutôt un nomade. Voyageur infatigable à la recherche de ses pâturages et des points d’eau. Voyageur entre les signes et les serhane1syllabes. Bohémien de la parole, au sourire d’argile et à la mémoire remplie d’échos. Tu es une feuille blanche. Une feuille noircis par l’encre de tes veines. Tu es le livre qui annule l’oubli. Le torrent qui porte le souvenir éclaté d’une histoire sans visage .Ton territoire n’as pas de limites .Ta vie non plus. Tu vivras mille ans. Tu vivras un instant. La parole se chargera de porter ton nom à travers les siècles, au-delà des frontières réelles ou imaginaires. La nature et la vérité  sont les seuls maîtresses.»

Ainsi écrit et parle Serhane. Sa littérature est « monstrueuse » : elle dénonce l’injustice, la corruption, la politique Mekhzenienne …

A chaque fois, il essaye de mettre le doigt là ou le bât blesse, de montrer ce qu’il côtoie au quotidien, ce qui le choque, ce qui est laid, sans essayer de démontrer.

Avec Serhane, on n’est en aucun cas face à une littérature à thèse, mais à un homme spontané, crachant sa colère, la vomissant presque aux visages de certains « privilégiés », d’un « je m’en foutisme » et d’un froid presque métallique.

Ses récits restent prolifiques et ses personnages connaissent plusieurs mutations, au gré des situations et du destin final que Serhane leur prédestine.

serhane« J’ai quitté le Maroc le jour où j’ai ressenti que je risque de perdre  ma liberté, mon véritable moi, ma dignité… »

Mais à dire vrai, ce natif d’Azrou est  il jamais parti ?

Car même au plus loin, sa pensée et ses écrits sont restés focalisés sur son pays d’origine.

Serhane, recule-t-il pour mieux sauter ? A-t-il besoin d’ « humer l’air pur » pour continuer à « vivre » et à créer, tout en gardant son Moi Authentique ?

Déroutant jusqu’au bout, cet homme se disant aimant la vie, dont les écrits sont pleins d’humour, reste pessimiste à chaque fois qu’on lui demande si de tels écrits sont capables de changer, voire d’améliorer le quotidien  dans son pays d’origine…

« Au Maroc, il ya deux sortes d’écoles : celle des riches et celle des démunis. Depuis un certain Mars 1965, puis l’arabisation des programmes par le ministre Al Iraki, le niveau culturel des jeunes démunis, n’a pas cessé de baisser.

Moi, quand j’étais à l’école publique, on me parlait de Barthes, de Sartre, de Montesquieu à 14 ans. On avait déjà des repères et des personnalités charismatiques auxquelles on cherchait à ressembler.

On avait déjà un idéal.

Aujourd’hui les jeunes ont tout simplement été  lâchés, laissés face à leur propre sort. Ils sont déboussolés.

Je n’arrive toujours pas à digérer, comment un Bac peut être périmé après deux années de son obtention, comme c’est le cas au Maroc! C’est tout simplement Hallucinant ! »

Ainsi parle Serhane : Direct, du fond du cœur et sans fioriture.

 

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