ARRÊT SUR IMAGE…

Je ne sais pas qui est vraiment l’auteur de cette photo qui m’a été adressée par un ami, mais je tiens tout de même à le féliciter pour ce petit chef d’oeuvre qui doit mériter une place de choix dans cet album qui retrace les différentes étapes parcourues par cet El Jadida que nous avons souvent comparé à un bateau ivre, sans gouvernail et livré aux seules humeurs  d’une mer fortement agitée.

Une photo chef d’oeuvre qui reflète de manière très significative l’état actuel de cette ville souffre douleur où « le temps semble avoir suspendu son vol ». Et cela se traduit visuellement par ce pendentif en goutte de sang qui refuse de toucher le sol afin que la blessure qui nous taillade reste vivante et béante.

Tout en bas, c’est la panique chez ces légendaires chevaux, qui symbolisent toute l’identité de Doukkala. Malgré leur force et leur fougue ils semblent tétanisés sous le fluide maléfique que dégage au dessus de leur tête cette boule rouge sang…étrangère dans ce qui était autrefois, leur paysage naturel tout en vert habillé.

Les feux de position des voitures qui sont eux aussi au rouge, ne représentent rien d’autre qu’une confirmation que tout est à l’arrêt, et que ceux qui s’y trouvent attendent, désarmés, soumis, scrutant avec nostalgie la beauté du ciel bleu, la profondeur de cet horizon azuré, un passé dans le présent aussi proche que lointain.

Cette photo qui parle tout en étant muette, saura-t-elle aussi s’animer un jour, afin que la vie puisse reprendre ses droits à El Jadida et que cette goutte rouge inopportune retourne à sa place afin que les blessures se cicatrisent et que le vert, symbole de Doukkala installe enfin ses lueurs de confiance et d’espoir.

Chahid Ahmed

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