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Par: Mohammed Beddari   beddari1

En hommage à Simon Lévi, voici un deuxième article, inspiré de ses écrits, contenus dans un ouvrage cité précédemment.

Si on excepte la régression de la population juive de Safi dans la deuxième moitié du 18ème siècle, à cause de l’attrait exercé par la ville de Mogador, très dynamique grâce à la politique d’ouverture, instaurée par sidi Mohamed ben Abdallah, sur une population juive, très sensible aux fluctuations du mouvement commercial, la ville avait conservé, tout de même, une communauté juive, très active, avec son conseil, son président, et ses deux synagogues.

Certes, cette communauté avait la particularité de ne pas vivre dans un ghetto « mellah», à l’instar des autres villes du pays, mais, elle était restée très attachée à son patrimoine culturel et religieux.

Elle fêtait chaque année, au mois d’août, son Hailoula des ben Zmirou dans une ambiance, qui associait même les musulmans. La tradition juive, évoquait même, le nom d’une famille musulmane, qui était chargée de s’occuper des pèlerins juifs à ce lieu saint.

Comment cette population avait elle évolué jusqu’au 20ème siècle?

Les premières indications qui concernent les juifs de Safi, remontent au 14ème siècle . Un ouvrage faisait mention des relations entre les juifs de la ville et Majorque. Ces indications deviennent beaucoup plus abondantes au 16ème siècle avec l’occupation Portugaise, qui avait un regard bienveillant sur les juifs installés à Safi, depuis la deuxième moitié du 15ème siècle. L’handicap humain, incompatible avec les visées expansionnistes du Portugal, exigeait cette politique, surtout que Safi comptait à la veille de leur installation, un peu plus de quatre cent foyers juifs, dont une grande majorité de ses chefs, disposait d’un savoir-faire certain.

Les Portugais n’avaient pas tardé d’ailleurs, à leur reconnaître la liberté du culte, et à les utiliser comme traducteurs, pour les besoins du négoce, et même, à désigner un magistrat juif pour s’occuper de leurs affaires personnelles. Pour toutes ces raisons, la population juive s’était stabilisée, elle avait même connu un léger accroissement, avec l’avènement des Sâadiens, puisque Safi devenait, sans conteste le port de Marrakech. La deuxième moitié du 18ème siècle était fatale pour le port de Safi, qui avait vu ses activités bloquées au profit de Mogador, et par conséquent, une émigration massive des juifs vers cette dernière ville.

L’année 1817 avait vu la reprise des activités du port de Safi, qui s’était prolongée tout au long du 19ème siècle, malgré la concurrence de Casa, Mazagan, en plus de celle de Mogador.

Au début du 20ème siècle, la population juive atteignait 4400 habitants, la majorité d’entre eux trouvait, grâce à la maîtrise des langues étrangères, dispensées par les écoles d’alliances Israélites, des débouchées auprès des Européens, dont le nombre avait cru, proportionnellement avec la croissance des intérêts Européens, après les différents traités imposés au Maroc, surtout celui d’Algésiras.

Après l’acte du protectorat, la population juive était estimée à 3285 âmes, elle passait à 4399 en 1947, pour redescendre ensuite à1434 en1960, et retomber à 250 habitants seulement en1973.

Comment peut-on interpréter ces chiffres?

On remarque que pendant seize ans, le nombre n’avait progressé, que d’un peu moins de 200 âmes. Cette progression très lente, ne peut être expliquée, que par l’attrait qu’exerçait la ville de Casa sur les juifs safiots, et le marasme des métiers qu’exerçait un certain nombre d’entre eux, à cause de la concurrence de l’économie coloniale. Quant à la diminution très sensible de la population juive entre 1947 et 1960, elle trouve son explication dans la création de l’Etat d’Israël et l’accentuation de l’émigration juive, sous l’égide de certaines organisations sionistes, comme l’agence juive.

Les guerres de 1967, 1973, expliquent, elles, la chute du nombre à 200 âmes. Les raisons explicatives des juifs restants dans la ville de Safi, sont d’ordre socio-économique, car certains d’entre eux, préféraient passer le reste de leurs vies là, où ils s’étaient adaptés à un certain mode de vie. Elles sont aussi, d’ordre historique, la ville de Safi, comme le reste du pays d’ailleurs, possède des traditions ancestrales de cohabitation avec la communauté de confession juive.

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