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Très attendue chaque année par les Marocains, la fête du sacrifice se caractérise par une atmosphère singulière. La «fièvre» d’Aïd Al Adha touche les citoyens des jours, voire des semaines avant le jour J. Tout commence avec le choix du mouton. Un choix qui s’avère de plus en plus restreint, vu le prix que coûte l’animal, en particulier cette année. Une fois la frustration financière dépassée, celle-ci laisse place à la convivialité familiale, tradition conservée chez la plupart des Marocains.
Toutefois, on remarque depuis quelques années que certaines tendances commencent à s’installer dans la société.

Voyages

La fête du sacrifice est une fête familiale par excellence. Ça, c’est la tradition. La réalité est tout autre. En effet, de plus en plus de Marocains choisissent de partir en voyage pendant cette période surtout quand la fête coïncide avec les vacances scolaires comme c’est le cas cette année.
Conscients de l’importance que prend cette tendance, certains hôtels innovent pour attirer un plus grand nombre de clientèles et organisent des offres avec ambiance Aïd. «Nous avons décidé d’offrir une ambiance Aïd Al Adha pour notre clientèle afin de les encourager à se déplacer chez nous», explique la gérante d’un hôtel. Et d’affirmer : «Nous offrons donc une pension complète avec des méchouis, des kebabs, des boulefafs…»
Même initiative dans un autre hôtel. «C’est la première fois que nous organisons une telle offre et apparemment, elle s’est révélée une bonne idée. Puisque depuis qu’on l’a annoncée, le téléphone ne cesse de sonner. Les gens sont très intéressés», se réjouit le gérant.
En effet, un grand nombre de citoyens semble ravi de cette initiative. «Ce genre d’offres m’enchante au plus haut point. Mon mari a toujours refusé de partir en voyage le jour d’Aïd parce qu’il refuse de passer outre son boulefaf. Au moins, avec ce genre d’offres, il n’a plus d’excuses», se réjouit Hanane.
En effet, pendant ces dernières années, l’on constate une nouvelle tendance, essentiellement chez les jeunes couples, qui décident de s’éloigner en cette période de fête et voyager afin de se détacher de toutes ces traditions», souligne un sociologue à la faculté Chouâb Doukkali.

 

Charité

 

Les Marocains sont généreux et les fêtes religieuses sont l’occasion idéale pour le prouver. À cet égard, malgré la cherté de la vie et la crise économique, le Marocain n’oublie pas son prochain, surtout pendant la fête du sacrifice. Mais si d’habitude, les gens offrent des moutons ou de l’aide financière à leurs voisins ou leurs proches, la tendance ces dernières années est que ce sont certaines associations,  qui font ces dons.
Plus que quelques jours nous séparent de la fête du sacrifice. Une des plus importantes et plus belles fêtes religieuses. Malheureusement, certains engagements financiers et familiaux viennent «empoisonner» cette occasion.
C’est un événement phare du calendrier musulman que les familles tiennent à fêter comme il se doit, dans la joie et la convivialité. En effet, Aïd Al Adha est une journée spéciale qui occupe une place particulière dans la vie des Marocains tous âges confondus. Les pères de famille sont tous préoccupés par l’achat du mouton. Ils sont conscients qu’il va falloir débourser une somme importante, plus que l’année dernière, pour acheter un mouton, tout juste convenable pour le sacrifice. «Aid Al Adha a toujours été ma fête religieuse préférée, et ce depuis mon enfance. Chaque année, j’attendais l’arrivée du mouton avec impatience pour le comparer avec les autres des voisins. … Malheureusement, les choses ont beaucoup changé maintenant que je suis devenu père de famille. J’aime toujours cette fête, mais moins qu’avant… les dépenses interminables occasionnées par El Aïd Al Kebir me gâchent ma joie», confie Hamid, fonctionnaire et père de deux enfants. Celui-ci n’est pas le seul à se plaindre des obligations financières de l’Aïd. À quelques jours de la fête, la folie des prix du mouton ne semble pas connaître d’accalmie cette année. La plupart des ménages demandent à droite et à gauche, sillonnent les garages et les fermes à la recherche du fameux «Haouli». Certains ne trouvent d’autres solutions que de contracter un crédit pour s’en sortir. «Je n’arrive pas à fermer l’œil de la nuit depuis un certain moment. J’ai commencé à me faire du souci depuis plus d’un mois. Mon salaire ne me suffira pas pour assurer un mouton à ma famille. Mon collègue au travail vient d’acheter son “Haouli” et faire quelques courses pour le jour de la fête, ce qui lui a coûté environ 5 000 DH. Pour que je puisse passer El Aïd Al Kebir dignement et aider mes parents à faire autant, je n’ai pas le choix : je dois contracter un autre crédit», affirme Abderrahim, cadre banquier.
Les crédits à la consommation sont devenus, pour plusieurs personnes, une solution qui leur permet d’acheter le mouton, bien que religieusement parlant, l’offrande du mouton de l’Aïd n’est obligatoire que pour ceux qui en ont les moyens.
Mais le poids du «mal paraître» social fait que les Marocains se surpassent à dénicher les moyens d’avoir l’argent du fameux «Haouli». «Je fais le ménage chez trois familles durant la semaine, mes enfants sont encore à l’école et mon mari ne travaille pas, mais je suis obligée de ramasser l’argent quitte à ce que je fasse la manche pour acheter le mouton pour mes enfants je ne veux pas qu’ils subissent la honte de ne pas être comme les autres», se défend Najat, femme de ménage. Si les dépenses financières inquiètent tout le monde en cette période, elles ne représentent pas l’unique préoccupation des familles en cette période.
Certains stressent parce qu’ils auront du mal à rendre visite à tous les membres de leur famille, ce qui ne manquera pas de créer quelques petites frictions. «Une fois mariée, passer une bonne fête devient compliqué. D’un côté, l’obligation de passer Al Aid avec la belle-famille et donc de faire quasiment le plus gros du boulot et d’un autre côté ma propre famille et notamment ma mère qui aura du mal à passer cette journée sans moi. J’ignore ce que je peux faire pour allonger les 24 h», témoigne Saïda, mariée depuis à peine deux ans.
Tant d’obligations qui empoisonnent l’ambiance conviviale de cette belle fête religieuse

Ces «obligations» financières et familiales d’Aid Al Adha sont devenues des habitudes ancrées chez les Marocains depuis plusieurs années. Il s’agit de traditions transmises de génération en génération, seulement, avec l’évolution de la société et le rythme de vie actuelle, il est de plus en plus difficile de suivre les coutumes.
Malgré cette difficulté, les Marocains font tout ce qui est en leur pouvoir pour ne pas être exclus du cycle dans lequel ils sont inscrits et donc chacun se débrouille comme il peut».

  1. Autres obligations

Le mouton ne vient jamais seul.
En effet, durant cette période, les ménages dépensent beaucoup d’argents pour faire les courses et des
approvisionnements.
«Je suis perdue entre toutes les dépenses occasionnées par cette fête. Je viens tout juste d’acheter le mouton et maintenant ma femme me demande de lui acheter les ingrédients pour préparer les plats spécifiques à cette fête et faire des approvisionnements.
Elle a également envie d’avoir une nouvelle djellaba à cette occasion. Je ne sais plus où donner de la tête», se plaint Kamal, un jeune fonctionnaire.

 

Et si on oubliait le mouton…

 

Les temps ont bel et bien changé, même les réjouissances ne semblent plus avoir le même goût. L’évolution du mode de vie a entraîné de nouvelles habitudes. Pendant que certaines personnes s’endettent jusqu’au cou pour pouvoir acheter un mouton à l’occasion d’Aïd Al- Adha, d’autres décident, tout bonnement, d’annuler cette fête. Et pour cause: c’est très encombrant pour un appartement. «Nos enfant sont grands à présent et l’Aïd ne les tente plus comme avant. C’est pourquoi nous avions décidé de ne plus acheter le mouton. Déjà, il salit les lieux. En plus, ce n’est pas du tout pratique dans un appartement. Sans parler de la mauvaise odeur qui met plusieurs semaines pour disparaître. Par contre, nous achetons, quelques jours avant la fête, un agneau découpé (côtes, gigots, épaules, foie, tripes). Nous le mettons au congélateur et nous le consommons comme tout le monde. J’ai plusieurs amies qui font la même chose. Bien sûr, c’est nettement mieux», raconte Souad.

Une autre catégorie de gens trouve qu’Aïd Al-Adha est une vieille habitude démodée. Ils ne fêtent pas cette occasion et ils en sont fiers. «Chaque année, je profite des vacances de l’Aïd pour voyager avec ma femme et me détendre un peu. C’est beaucoup mieux que d’égorger un mouton. Ce ne seront plus des vacances mais une corvée», lance Ahmed.

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