hmanou

Par: Abdellah Hanbali

La peinture d’Abderrahmane Benkhalifa est celle du mal-être et du spleen, de l’isolement et des espaces clos.

Une peinture qui parle le langage du désarroi et de la mélancolie et qui conte le combat d’un artiste acculé aux cordes par le destin et qui n’a d’autres alternatives que son art pour se défendre et espérer atteindre… un coup de gong salvateur.

Un artiste qui se cherche dans les labyrinthes d’un monde, qu’il trouve enchevêtré, et qu’il subit comme un enfer au quotidien.

Mais en dépit de cette souffrance qui le ronge, c’est la perfection de son art qui continue à le hanter et à constituer pour lui, une obsession majeure et sans équivoque.

Abderrahmane Benkhalifa, dit « Hmanou » est un peintre autodidacte, né le 1er Août 1944 à Bejaia (Algérie), de père marocain et de mère algérienne. Il retourne au Maroc à l’âge de 65 ans pour se retrouver sans ressources et sans domicile fixe.

Hmanou peint des ciels chargés, bas et lourds. Des jours noirs et tristes, qu’on dirait des prisons « à ciel ouvert ». Une nature qui oppresse…étouffe. Mais ce n’est là que l’expression d’une âme tourmentée, les nuées d’où ne perce aucun firmament.

L’artiste nous mène là où le crépuscule nous ensevelit.

Les titres de ses toiles sont révélateurs : Ciel d’immensité ; De tourmentes Aspirantes ; Des ténèbres esquissées ; D’antiques esseulements ; Entre deux mondes ; Au-delà des lumières écarlates…

Des toiles qui donnent l’impression de se répéter alors qu’au fait, c’est le retour du même, mais à chaque fois différemment.

Et ce sont ces états d’âmes, ces crises de cafard, cette fuite du temps, la tentation du mal, la notion d’enfermement, la peur ou la hantise de la mort, le regret de ses souvenirs … qui font peindre à Hmanou ces toiles qui nous interrogent au plus profond de notre être, qui nous acculent à des vides, à des absences et à ce quelque chose qui semble nous manquer, sans  qu’on arrive à le définir.

Tourmenté par la vie, ce peintre donne libre cour à ses émotions et laisse naviguer son imagination sur cette toile qui le nargue et le défie.

Nocturne, il part à chaque fois que le mal est insoutenable, en quête de la moindre lumière ou lueur d’espoir, pour éclairer son ciel.

Muni de son pinceau, il commence à caresser d’un geste suave et tendre sa peinture au gré de son humeur, qui brusquement entreprend l’allure d’un amant devant sa bien aimée : il veut la contrôler mais c’est elle qui prend le dessus, qui lui montre les lignes à faire et à défaire, donnant naissance à un rythme au limites de la démence.

Son travail est fait d’un savant dosage de couleurs chaudes, qui donnent un certain attrait et un degré de tristesse et de mélancolie que seules de telles couleurs peuvent réussir. Un cachet tout à l’honneur de Hmanou.

Il faut dire que cette « démence », cette quête du moindre éclairci, ce mal qui lui ronge les tripes, bien qu’ils soient palpables, restent tout de même des sensations maitrisées de bout en bout.

D’ailleurs, c’est dans ces moments propices à la création qu’il cherche à mettre en valeur tout son talent et à en faire ressortir de ses toiles toute l’expression voulue.

http://i0.wp.com/eljadidascoop.com/wp-content/uploads/2017/12/hmanou.jpg?fit=1024%2C1024http://i0.wp.com/eljadidascoop.com/wp-content/uploads/2017/12/hmanou.jpg?resize=150%2C150adminsArt & Culture  Par: Abdellah Hanbali La peinture d’Abderrahmane Benkhalifa est celle du mal-être et du spleen, de l’isolement et des espaces clos. Une peinture qui parle le langage du désarroi et de la mélancolie et qui conte le combat d’un artiste acculé aux cordes par le destin et qui n’a d’autres alternatives que...Source de L'information Fiable

Commentaires

commentaires