Par: Driss Tahi

Difficile de parler en quelques lignes ou même en quelques pages d’une personnalité de l’envergure d’Abdelwahab Doukkali.

Assis à sa droite, je l’écoutais ,ou plutôt je le regardais parler avec un intérêt particulier, pendant qu’il donna son point de vue sur les toiles de Zhour Maanani.Il mana04évoqua Rembrandt ,Michel Ange et De Vinci en insistant sur le fait qu’un peintre doit faire quelques études d’anatomie artistique, afin de maitriser certains aspects du portrait et pour pouvoir représenter sur une toile, d’une manière juste, les proportions du corps humain.

De peinture, de sculpture et aussi de poésie, il parla pendant un bon moment ; rien d’étonnant puisqu’il a fait l’école des beaux arts, et côtoya durant longtemps, certains  grands peintres marocains et étrangers.

Sa voix chaude, ses gestes élégants et fins, me plongèrent dans des souvenirs lointains, lorsque ses chansons diffusées à la radio, offrirent des moments de bonheur et de rêve à tous les marocains.

Qui n’a pas écouté et fredonné « ma ana illa bachar » ? Chanson qui fut reprise par plus de 40 chanteurs surtout étrangers.

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le créateur de « Yalghadi Ftomobil »n’a rien perdu de sa désinvolture et de sa vivacité. Lorsque je le vis la première fois, ce fut en compagnie du réalisateur Hamid Benchrif et du poète et parolier Egyptien Hassan moufti. Doukkali venait de rentrer d’Egypte après une absence qui dura sept ans, une riche expérience qui donna manifestement ses fruits. C’était les débuts des années 70, tout le Maroc chantait « Marsoul al Hob » et « Ana Oul Ghorba »

Pendant qu’il parlait de cuisine et surtout du couscous qu’il appréciait , ( à ce propos il accepta sans hésiter l’invitation faite par le festival Alouane Doukkala au mois de Mars prochain organisé par le Duo : Maanani/Fahmi ) ,je suivais les gestes de ses mains aux doigts longs et fuselés en pensant à toutes ces notes égrenées des bouts de ces doigts sur un luth ,et qui donnèrent naissance aux plus belles compositions qui enrichirent le répertoire de la chanson marocaine et arabe.

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Abdelouhab Doukkali entre le journaliste Driss Tahi et l’Artiste peintre, Zhour Manani

Doukkali participa au renouveau de la musique marocaine auprès des grands: Ahmed Bidaoui ,Rachidi…

Celui que le non moins célèbre Lotfi Bouchnak appela « oustadi » (mon maitre) en présence d’un public nombreux, lors de la soirée inoubliable du festival Mawazine au theatre Med V en 2013 ,est certes un grand Artiste sur scène mais c’est aussi un homme d’une modestie et d’une simplicité troublantes dans sa vie de tous les jours.

Après sa prière du soir, il reprit sa place pour le diner offert en son honneur par la famille Choufani, connue a Azemmour ,en dégustant un tajine de poisson ,il parla de son séjour d’une année et demi en Algérie à la fin des années 60,et aussi des chansons composées en Egypte comme « kossi chaarak » et « sigara »

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« je suis plus Doukkali que vous tous ici, d’ailleurs c’est écrit sur ma carte d’identité, mais pas vous « répondit t-il en riant à l’un des invités.

« Mon père est parti pour affaire d’El Aounate ( à Doukkala), réputée pour ses terres fertiles et surtout pour ses raisins, pour s’installer à Fès ou il fonda sa famille et c’est là que j’ai vu le monde.

Je me demandais, comment oserais-je poser des questions à un monument artistique tel que Doukkali. Tout a été dit et écrit sur son parcours, d’autant plus que ses chansons, sa musique, ses œuvres en disent long sur son riche passé de chanteur compositeur interprète, acteur, et peintre.

Les nombreuses récompenses et distinctions qui lui furent décernées aussi bien en Europe que dans les pays Arabes sont aujourd’hui le témoignage d’une vie artistique couronnée de succès, pour ne citer que :

– 2011 Doctorat honorifique de la part de Benoit 16.

– 2004 La Palme d’or des Arts et Métiers du ministère de la communication Français.

Et la liste est longue.

Il feuilleta le recueil de poème que lui offrit le talentueux poète « Azadjal  » El Asri Mustapha avant le diner, et se mit a lire à mi-voix, d’une lecture poétique, digne de l’acteur qu’il est, quelques vers, comme s’il en était l’auteur, ce qui suscita l’admiration de tous.

Nous serons heureux d’accueillir « Marsoul Al Hob » à El Jadida comme invité d’honneur au mois de Mars prochain, nous lui disons merci au nom de Doukkala et de tous le Maroc et lui souhaitons longue vie.

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