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DIBAJI à D avec l’autre grand artiste d’origine doukkalie: Houcine TALLAL qui n’est autre que le fils de feue Chaibia TALLAL

Par: Abdellah Hanbali

De Dibaji, feu Driss Chraibi avait dit un jour : « Ces toiles sont le fil tenu d’une naissance continue, de lumière et d’azur. On voudrait que rien ne ternisse, que rien ne vieillisse, que jamais rien ne meure. Ce sont des tableaux qui vous parlent et qui chantent ».

Quant à Abdelkebir Khatibi,  il trouvait que : « Derrière une représentation géométrique et abstraite, le peintre interroge la couleur avec une tonalité ni froide ni chaude, mais mesurée et rythmée. Rythme progressif, avançant par touches émotives presque cachées, mais subtiles ».

Mais en plus des témoignages de ces deux géants de la littérature maghrébine et jdidis de surcroît, Abdellah Dibaji est aussi un artiste qui nous transmet les rumeurs de la ville, ses mouvements, ses lumières, tout en multipliant les plans en autant de séquences spectaculaires.

Portes, fenêtres, rues et surtout cette foule humaine omniprésente, évoquent ses préoccupations et nous laissent entrevoir l’autre face de la réalité, celle que nous occulte le quotidien.

Une palette de couleurs fortes et denses, des touches tantôt vives, tantôt adoucies ; toujours délicates ; soutenues par un graphisme conséquent et qui font de chaque toile une œuvre forte, dénuée de tout pittoresque.

Dibaji est  un artiste qui parle peu. Et quand il le fait, il faut savoir lui prêter l’oreille. Avec sa gentillesse habituelle, Dibaji a accepté de parler à eljadidascoop dont il dit beaucoup apprécier le travail de son équipe de  rédaction. Alors écoutons-le.

– Et si on vous demande de nous parler de votre style pictural ?

Je ne suis ni peintre abstrait, ni figuratif, mais la production de plusieurs tendances et le fruit de plusieurs années de travail et de quête inlassable de la perfection. C’est ça qui me stimule et me donne le punch nécessaire pour continuer, car le progrès de tout artiste, dépend de sa grande capacité de travail, de sa patience, de sa passion… Des facteurs  qui donnent cette envie de reprendre une même chose plusieurs fois de suite, sans jamais se lasser, ni se décourager, jusqu’à atteindre les  résultats escomptés.

Mais cette quête est surtout celle d’un horizon. Une fois  atteint, je me mets en quête d’autres, dans une aventure infinie.

– Lorsque vous commencer une toile, avez-vous une idée préconçue sur son aboutissement final ?

Dans mes œuvres, je cherche dans l’acte de peindre, ce geste « spontané » qui serait un prolongement de ma pensée, comme si l’expression de mon questionnement devait passer par le corps, mon corps. Il y a une certaine osmose, une certaine symbiose entre ma toile et moi. C’est une agréable symphonie interactive et dont je reste conscient tout au long de sa composition. Spontanéité qui ne signifie nullement improvisation, mais superposition logique de couches, de touches et de couleurs chargées de sincères émotions. C’est donc, un ensemble de couches et de touches que j’étudie avant de commencer ma toile. Chacune doit respecter les priorités qui sont siennes et chacune doit trouver la place et la couleur qui lui conviennent.

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– Après une si longue absence de votre ville natale El-Jadida, qu’est ce qui explique ce retour aujourd’hui ?

Ma dernière exposition à El-Jadida, remonte à 2007, lors d’un certain hommage à Driss Chraibi. Depuis j’ai été dégoûté par le manque d’ambiance et d’animation culturelle qui régnait à l’époque sur la ville : manque de galeries, d’encouragements … D’ailleurs, lors de ce même hommage, j’ai du exposer dans une simple salle de l’ORMVAD (Office Régional de la Mise en Valeur de l’Agriculture à Doukkala).

Aujourd’hui, si ce n’est pas l’idéal, les choses ont beaucoup évolué. La ville   s’est presque métamorphosée, en très peu d’années. On y trouve un plus grand nombre d’amateurs d’art, de galeries…

En parallèle, il y a aussi tous ces  amis d’enfance et grands amateurs de l’art, qui viennent à leur tour de rentrer au bercail et auprès desquels j’ai envie de passer un peu plus de temps.

– Votre mot de la fin ?

Je suis optimiste, je vois des horizons qui se dégagent dans le futur. Il y a une modernité en devenir. Les jeunes talents doivent se mettre à l’œuvre.

Biographie :

 

Abdellah Dibaji, est né en 1952 à Azemmour, mais vit et travaille à El-Jadida.

Il a fait ses études à l’école des Beaux-arts de Tétouan, avant de les terminer dans celle de Liège en Belgique.

Dibaji expose régulièrement depuis 1970 au Maroc comme à l’étranger et son travail a été primé plusieurs fois, notamment en 2002 où il a obtenu le prix de la découverte, décerné par la ville de Marseille.

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