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Par : BATAHAR Najat (membre de la ligue des écrivaines du Maroc section d’El Jadida).

Par une belle après-midi estivale, les locaux de la Médiathèque Tachfini ont accueilli l’écrivain marocain Abdelkrim Jouiti qui fut l’invité du Salon Mazagan pour la culture et l’art. Cette rencontre littéraire était une occasion pour le public Jdidi de découvrir le dernier roman de l’écrivain qui s’intitule Les Marocains et qui a pu décrocher le premier prix du Maroc Edition 2017.

Le roman relate l’histoire de Mohamed l’aveugle et sa relation avec son frère le soldat, le courtier Ouchen, la bonne des voisins et surtout avec son grand-père le Pacha. Loin d’une simple intrigue romancière, Jouiti plonge dans la psychologie de ses personnages tiraillés entre toutes sortes de vices et de défauts pour nous dépeindre l’image de ces marocains  baignant dans l’hypocrisie, le dogmatisme et la violence.

C’est surtout cette thématique de la violence (avec toutes ses manifestations : verbale, physique, à l’égard des individus, des animaux et même à l’égard de la nature) qui est mise en relief dans le roman car  loin de s’acharner contre le peuple marocain et de le stigmatiser, l’auteur a tenté d’expliquer  l’origine de cette violence qui se manifeste partout et  qui remonte à l’Histoire de ses ancêtres Arabes.BATTA

En effet, le roman est parsemé de textes historiques témoignant de la barbarie des Arabes qui, dans leur quête de pouvoir, n’ont épargné aucun effort pour torturer et massacrer leurs adversaires et détracteurs. Dans ce sens, l’auteur a évoqué l’histoire des Mérinides  qui, en venant à Tinmel, ont déterré les cadavres de leur prédécesseurs pour les donner  aux enfants qui s’amusaient à les fouetter.Jouitti mentionne aussi cette manie qu’ont  les marocains pour la destruction et la relie , encore une fois, à l’Histoire du Maroc et surtout au sultan My Ismail qui a détruit les murs de Riyad pour en bâtir d’autres, son fils  Abdoullah fera subir le même sort aux constructions de son père.

L’écrivain affirme que le dogmatisme et l’hostilité  qu’affichent les marocains envers ceux qui s’opposent à leurs points de vue ont un lien étroit avec leur passé car les penseurs et les érudits ont toujours été persécutés par la foule et pour confirmer son hypothèse l’auteur évoque les destins tragiques de certains poètes, savants et penseurs tels que Lissane Eddine Ibn Lkhatib, Ibn Rouchd et Almouatamid Ibn Abbad.

A la fin de son intervention, l’auteur propose de lutter contre cette laideur qui nous enclave en cultivant la beauté qui s’avère la seule force salvatrice si l’on veut progresser mais il estime que cette progression ne peut se faire qu’en redonnant de la valeur à l’école et à l’éducation.

Il ajoute que son roman, qui d’ailleurs peut-être  considéré comme un traité sociologique, est comme un testament vu qu’il a tout dit et qu’il n’a pas cherché à taire ou à magnifier la vérité car il écrit avec son cœur

 

 

 

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