A quand un hymne pour le Difaâ?

Par : Abdellah Hanbali

Depuis « la nuit des temps » et lorsqu’on n’avait pour seule et unique chaine de télévision que la fameuse  RTM,  en suivant un match de Coupe d’Europe des nations ou celle de la Ligue des Champions, il existait toujours, autant de spectacle  sur la pelouse que dans les tribunes.

Difficile de ne pas succomber  au charme d’un public de Liverpool, qui dansait et chantait son célèbre « you’ll never walk alone », alors que son équipe est menée au score, à quelques minutes du sifflet final.

Difficile de ne pas  se laisser séduire par un public exécutant sa « Ola » avec une perfection et un timing dignes des plus grands chorégraphes de la planète .

Difficile aussi de résister au merveilleux public du Celtic, debout mains  tendues en avant, accompagnant un joueur sur le point de tirer un penalty ou tout autre pied arrêté, d’un Hééééé… pour l’achever d’un Hoooo au moment du tir ? Difficile de trouver meilleurs encouragements pour faire sentir à un joueur,  qu’il est épaulé par des dizaines de milliers de supporters.

Une époque où  on sentait le stade vibrer, le suspense à son paroxysme…et nos yeux captivés et rivés à la petite boite magique, en blanc et noir.

Vous souvenez-vous du merveilleux public du « Chaudron », lorsque l’équipe de Saint Etienne évoluait à domicile en coupe des champions ? Ses Piazza, Curcovic, Santini, Larqué…

Ce sont là des  moments de grande émotion. Des moments qui ne se racontent pas, mais se vivent à l’intérieur d’un stade. Des moments aux effets magiques.

Au théâtre, on  appelle cela,  du théâtre dans le théâtre…

Si on évoque ce sujet aujourd’hui, c’est parce qu’à El-Jadida, le public continue à chercher son hymne.

Enfant,  je me rappelle encore, que lorsque le DHJ marquait et que c’était « la fête » dans les tribunes, c’était toujours le même refrain… la même rengaine qui revenait en leitmotiv…à chaque fois, ou presque.

Un Manolo  se mettait à taper comme un forcené sur son tambour, en criant à tue-tête : « Wa Difaâ » et un public en transe, qu’on aurait dit, des disciples envoûtés, lui répondait en chœur… Ztorotot . Et ça donnait l

ce refrain :

– Wa difaâ…

-Ztorotot….

-Wa difaâ…

-Ztorotot….

-Wa difaâ…

-Ztorotot…

Le refrain accompagné de danse… de transe, durait et perdurait….  jusqu’à ce qu’une contre attaque de l’équipe adverse ou une faute de l’arbitre ne venait gâcher « la fête » et à y mettre un terme.

Je me suis toujours  demandé sur le sens réel de ce ZTOROTOT, mais en vain…

– Ètait-ce l’imitation d’un instrument quelconque de musique qu’on n’avait pas les moyens de se payer  et qui  continue encore et à nos jours de nous faire défaut ?

– Était-ce une Haka (chant de guerre des équipes New-zélandaises du Rugby) pour doper les joueurs doukkalis ?

Personne ne semblait posséder une réponse convaincante … Il parait que le père a encouragé le DHJ en criant ZTOROTOT. Le fils, un membre du Chmicha ou Dos Kallas, le crie à son tour et son enfant fera à coup sûr de même, jusqu’à…

Tout cela pour dire que chaque public a ses spécificités, ses chants, ses hymnes, ses danses…pourvu qu’il s’amuse et passe du bon temps au stade tout en encourageant son équipe favorite.

Notre rêve aujourd’hui est que les supporters doukkalis regarnissent le stade comme avant. Et dès les prochains matchs, ce sera chose possible.

Notre souhait, aujourd’hui que les moyens ne font plus autant défaut comme par le passé, est qu’on  pense à payer un auteur-compositeur pour élaborer des chants, à la hauteur de notre DHJ.

N’est-il pas premier au classement, en compagnie du WAC et RCA ?

Et puisqu’on est à la veille d’une confrontation contre  la JS Soualem, notre souhait le plus cher est de voir le stade retrouver ses fidèles supporters.

 Des spectateurs et des Fans disciplinés et capables de faire la fête, au point d’être , eux même, un spectacle dans le spectacle.

Abdellatif Mouktarid nous a confirmés l’existence d’un hymne, fin prêt et à la disposition du DHJ. Alors ?…

En attendant, notre nouveau « hymne », l’ancien n’est pas si mauvais que ça…

Wa Difaâ…Ztorotot…

Wa Difaaaaaâ…Ztorotoooooot…

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