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En ces jours sacrés du mois de Ramadan, une pensée pour ces femmes combattantes, qui risquent leur vie pour assurer « dignement » une bouchée de pain à leur famille.

Dans toutes les villes du Royaume, et El Jadida n’en fait pas l’exception, on voit de plus en plus ce phénomène de « ferrachas » prendre de l’ampleur, au vu et au su de tous, sans que l’on puisse y trouver une issue. Ces vendeurs ambulants, sous l’emprise du chômage, continuent à occuper l’espace public pour espérer gagner quelques sous qui, certes, n’arriveront pas à faire face aux charges qu’ils doivent supporter, chacun ayant une famille à nourrir. La plupart des marchandises de leur étalage proviennent de Bab Sebta, et précisément des entrepôts de négociants espagnols du quartier Jado, temple de la contrebande, se trouvant à proximité de la douane.

Afin de comprendre le circuit de ces marchandises, on devrait sebta (2)remonter la chaîne depuis le début de l’approvisionnement de ces femmes fournisseurs de ces marchandises qu’on appelle désormais les « femmes mulets ». Nul ne s’imagine le calvaire par lequel ces femmes passent pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs proches.

Chaque jour que Dieu fait, elles sont là, depuis les premières lueurs de l’aube. Elles arrivent par milliers. L’effectif de ces personnes travaillant ainsi avoisine les trente mille entre hommes et femmes. Ils transitent, souvent à pied, le long de corridors grillagés. Les files sont gigantesques. Ces femmes ne peuvent que prendre leur mal en patience pour arriver au niveau des 260 entrepôts où elles doivent affronter les négociants espagnols et se procurer « ce trésor » sacré qui va leur permettre de gagner quelques sous. On les voit reprendre le chemin du retour, voûtées sous le poids de l’énorme paquet ficelé sur l’échine, chacune portant des dizaines de kilos de marchandises, pour les vendre pour leur propre compte à des marchands ambulants, ou pour le compte des négociants marocains éparpillés dans toutes les villes du Royaume. Il faut souligner que tout déplacement, si risqué soit-il, ne rapporte à chaque femme mulet que 100 à 150 dirhams, en fonction du poids du ballot transporté. Ce qui se résume à une misère, si l’on tient compte des taxes imposées par les espagnoles depuis la mort de quatre femmes piétinées dans une bousculade. Taxes s’élevant à 33 Euros pour les achats en textile et 5 Euros pour les denrées alimentaires. Ceci, si ces malheureuses ne sont pas détroussées de leur butin par les douaniers marocains. Il faut aussi préciser que ce périple se termine pour ces femmes par l’escalade d’une colline escarpée, suivie d’une dégringolade qui les mènent enfin, vers une rive moins incertaine, mais enfin chargées, à quel prix, de leur trésor tant convoité.

Heureusement pour elles, après une série d’incidents tragiques, et suite à la pression de certaines ONG, les autorités de Sebta ont enfin lancé une initiative pour que ces femmes utilisent des chariots. Initiative très louable, certes, mais est-elle suffisante pour remédier à leur calvaire quotidien. Un deux-roues atténue la corvée, mais ne dispense pas de tirer ce poids sur les pentes. C’est donc bonnet blanc et blanc bonnet. En attendant, chapeau bas à ces combattantes, en leur souhaitant de meilleurs jours.

Par: Khadija Choukaili

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