poème
Par Driss CHEBLA (espacemre)
Pourquoi demander au poète seul d’assumer la responsabilité du sens, alors qu’il n’est aucunement responsable de la manière dont son œuvre est perçue. Le poète s’exprime dans un poème selon sa propre perception du processus de l’écriture, il n’écrit pas en ayant comme but de cacher le sens; il ne fait qu’extérioriser rhétoriquement, un état d’âme, bien profond, sans avoir l’intention de le dissimuler.
Le sens se trouve-t-il à l’intérieur, ou à l’extérieur du texte?
Son absence peut-elle mener à l’absence du texte?
Y-t-il un texte utile et un autre qui ne l’est pas?
Comment peut-on définir l’utilité, quand-elle relève de la subjectivité,?
peut-on parler de types (d’utilité)?
Est ce qu’elle va de pair avec le sens?
Le texte doit-il dire ou inspirer, ou réunir les deux fonctions en même temps,?Est ce que le texte perd de sa crédibilité, quand le sens semble être absent.

Il est aussi important de spécifier que le sens peut ne pas être à la portée de tous les lecteurs, car leurs degrés d’assimilation ne sont pas les mêmes, en plus, chaque lecteur à ses propres motivations et ses attentes quant à la lecture.

Ajoutons à cela, qu’il faut être assez initié au langage poétique (figures du styles) pour démystifier l’étrangeté du texte.

Hormis sa disposition calligraphique apparente, le texte semble ombrager le reste des références latentes, ce qui impose une décomposition de toutes ses unités. Vu que les (définitions) de la poésie diffèrent d’un poète à un autre, le sens n’échappera pas à cette règle élémentaire non plus. Brièvement je vais citer quelques réflexions de certains poètes; Je commencerai par le poète Pierre Reverdy qui considère que « La poésie n’est ni dans la vie, ni dans les choses, c’est ce que vous en faites, et que vous y ajoutez » il est bien clair, qu’il favorise une transformation du réel (quotidien) en s’appuyant sur les ailes de l’imagination et l’originalité de la confection.

Pour Arthur Rimbaud, « la poésie ne rythmera plus l’action, elle sera en avant » déjà là, c’est toute une coupure avec la tradition poétique des ancêtres qui a régné pendant de longues années, donc il faut en forger une autre, qui doit se réinventer sous le nom de la nouveauté et l’instauration du contre-modèle en rejetant la sacralité de la paternité littéraire.

Quant à René Char qui s’est imprégné du parfum surréaliste, faisant partie de la résistance qui a bien marqué sa vie littéraire, il dit « Le poème est l’amour réalisé du désir demeuré désir » à un certain point, on peut parler d’un parfum épicurien quand (l’intime) prend la parole malgré le contexte historique instable et non sécuritaire, tout en remplissant ses engagements envers la société, en particulier, durant les moments décisifs de son histoire.

Autopsie des rimes

Alors que Paul Valery avec son concept de (la vie de l’esprit) voit qu’ « Un poème doit être une fête de l’intellect » fidèle aux notions du symbolisme, il se livre à une méditation suggestive, sans se noyer dans la description, tout en respectant (la directive) de Stéphane Mallarmé. Un jour une femme avait demandé à Robert Schumann, « Que signifie votre sonate? » Il lui répondit, « Rejouez-la madame », cela veut seulement dire que le sens est sujet de tout l’univers de (l’être), ce n’est pas en deux mots qu’un artiste, va étaler toute une expérience artistique et intellectuelle, et existentielle même. Pourtant il y a des lecteurs qui veulent le plus souvent mettre des étiquettes sur tout qui se couvre d’abstraction.

Dans le cercle des concepts de l’écriture toujours, je cite le poète Stéphane Mallarmé, qui prônait un style d’écriture (hermétique), il dit « la poésie est l’expression, par le langage humain ramené à son rythme essentiel, du sens mystérieux des aspects de l’existence; elle doue ainsi d’authenticité notre séjour, et constitue la seule tâche spirituelle» selon lui la poésie n’est pas un « art pour tous » il continue « Toute chose sacrée et qui veut demeurer sacrée, s’enveloppe de mystère », cette vision de l’art que le symbolisme a incarné officiellement (La poésie est un moyen de connaissance qui mène à l’absolu), à partir de 1886, ne résume aucunement l’art en ses multiples facettes et ses différentes vocations, car elle est destinée à une présumée élite; s’opposant à toute vulgarisation de l’art, qui doit garder un aspect aristocratique, d’après lui.

Avec une autre vision, le poète Théophile Gautier voit qu’ « il n y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien, tout ce qui est utile est laid, car c’est l’expression de quelque besoin, et ceux de l’homme sont ignobles et dégoûtants» voici quelqu’un qui fête la beauté autrement, en mettant (l’inutile) en premier plan, comme une dynamique de la genèse de l’art. Quand nous disons qu’on a compris, ceci veut dire que le message est perçu, ou que le sens a pris une certaine forme tangible. Cependant, est ce que tout texte doit obligatoirement avoir un sens.. le sens est absent tant que le lecteur n’allume pas la torche de l’exploration sémantique. Cette interaction méta-textuel à plusieurs niveaux, contribue à l’élaboration de ce que veut dire le sens.

Généralement en face d’un texte, chaque lecteur fait en sorte de réduire l’espace de son imagination pour qu’il lui corresponde au moins relativement; alors que le texte lui va dans l’autre direction, en élargissant continuellement cet espace de l’imagination. Le sens devient un butin entre deux forces opposées, et même plus (réduction # foisonnement); du fait que le symbole poétique ne cesse de prendre du poids, il est doté d’une polysémie à caractère mobile. Cette mobilité du symbole rend la tâche d’accessibilité au sens, d’une complexité interprétative très exigeante. Et si vraiment la nature a horreur du vide, la poésie elle, n’est qu’une pure architecture du vide, fondée sur les illusions contextuelles et les allusions textuelles qui jalonnent ce voyage vers (le mirage) du sens, qu’on cherche souvent ailleurs, tandis que parfois il nous habite, nous ne faisons que le découvrir par nous-mêmes le long de notre expérience personnelle du processus complexe de la lecture.

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