sifflet

 Par: Khadija Choukaili

En 2017, l’artiste RabiâFranouxMoukhlesse. vivant en France et étant revenue à El Jadida pour y passer des vacances, l’ayant quittée une vingtaine d’années plus tôt, fut étonnée des changements du comportement de la gent masculine vis-à-vis des femmes, dans les rues de sa ville. Sachant que les femmes ont peur de répondre quand elles sont verbalement harcelées, elle décida alors de créer «RFM Les Chieuses » (RFM étant ses initiales), une ligne de t-shirt à messages, qui permet à ces femmes de réagir sans même avoir à parler. Une forme de Lutte contre le harcèlement de rue, en affichant la couleur (et le message) sur ses vêtements.

C’est dans le même ordre d’idée de lutte contre ce type de harcèlement de rue que ce samedi, une nouvelle initiative a été lancée, sous le slogan : « Masaktach, iladsarsaffri » (traduisez : je ne me tais pas, s’il te harcèle, siffles).

Cette  campagne, qui va certainement faire beaucoup de bruit, au sens propre comme au figuré, consiste à distribuer aux femmes des sifflets et les encourager à les utiliser pour répliquer contre le harcèlement de rue.

Les fondatrices du mouvement appellent tout le monde à se mobiliser en petits groupes et à distribuer à toutes les femmes, dans la rue et dans les transports en commun, un sifflet et les encourager à l’utiliser pour faire face à leur harceleur. Le but étant de faire du bruit pour que les personnes alentour soient interpellées, et dénoncer ainsi haut et fort les harceleurs.

Ce mouvement, très actif, est né sur Twitter, quelques jours après la médiatisation de l’affaire Khadija. Les fondatrices du groupe ont été outrées par ces agressions qui se multiplient et dont les victimes sont marquées à vie. Depuis la promulgation de la loi 103-13 contre la violence à l’égard des femmes, le 12 septembre 2018, le collectif multiplie les initiatives, et passe à l’offensive. Ces actions à répétition prouvent un manque de confiance quant à l’application de cette loi.

Pour rappel, selon une enquête de 2011 du Haut-Commissariat au Plan (CHP), sur une population de 9,5 millions de femmes âgées de 18 à 64 ans, près de 6 millions, soit 62,8 %, ont subi un acte de violence sous une forme ou une autre, durant les douze mois précédant l’enquête. Il en est de même pour les violences sexuelles, qui représentent 23 % des femmes, dont 2,1 millions ont subi un acte de violence sexuelle à un moment ou à un autre de leur vie.

Et selon le premier rapport annuel de l’Observatoire de la violence à l’égard des femmes de 2015, les lieux publics sont les endroits où la violence à l’égard des femmes est la plus manifeste. Près de 53,7 %, des cas de violence ont été enregistrés en 2014 dans des lieux publics.

Les lieux publics sont donc le lieu privilégié où la violence verbale à l’égard des femmes est la plus perceptible. Près de 66,4 %, des cas de violence en 2014 ont été enregistrés dans des lieux publics, contre 62 % en 2013.

Et quand on s’intéresse aux raisons de ces agissements masculins, on constate que souvent, et ce qui est en fait très inquiétant, c’est que ces « mâles » pensent que ce n’est qu’un compliment inoffensif. Certains de ces harceleurs vont même jusqu’à rétorquer que « c’est dans la nature des hommes », ou que « si les femmes sont harcelées, c’est parce qu’elles l’ont cherché ». A ce propos, il n’est pas rare d’entendre des phrases telles que « je l’ai abordée parce qu’elle m’a provoqué », ou encore «vous avez vu comment elle est habillée », etc. Face à ces propos, les femmes sont souvent démunies et intègrent alors ces remarques, ce qui les pousse à changer de style vestimentaire. Cela les empêche de vivre en toute liberté, par peur de subir à nouveau des situations de harcèlement.

Certes, et fort heureusement, les hommes ne sont pas tous des harceleurs. Le harcèlement n’est pas lié à des pulsions sexuelles incontrôlables, mais plutôt à une relation de pouvoir inégale entre les personnes. Chaque individu, femme ou homme, est différent. Il ne faut ni en faire une généralité, ni incomber la responsabilité de l’agresseur sur son genre.

Si des initiatives qui mettent en avant l’expérience des victimes suscitent une condamnation de ces comportements, le harcèlement de rue reste toutefois considéré comme bénin, malgré la loi 103-13 contre la violence à l’égard des femmes,entrée en vigueur depuis le 12/octobre.

Alors Mesdames, vous savez ce qui vous reste à faire dans pareille situation :

A VOS MARQUES,

PRËTES ?

SIFFLEZ !!!

 

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