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 Par. Khadija Choukaili

Encaissant échec sur échec, le secteur de l’enseignement public ne parvient pas à se réformer et l’Etat se perd dans des dépenses vaines et inefficaces en l’absence d’une planification rigoureuse qui devrait être conduite par des experts en la matière.

C’est une honte pour un pays qui, depuis plusieurs décennies, enchaîne les réformes dans ce domaine et y consacre aujourd’hui encore près de 5,6% de son PIB, de ne pouvoir occuper une place honorable au sein du classement mondial établi par l’UNESCO.

Cependant il serait temps de procéder à un décryptage de la situation et introduire dans l’équation de l’évaluation de l’enseignement au Maroc la variable du secteur privé.

Il est certain que l’éducation est un moteur incontournable du développement. C’est le critère par lequel on juge la grandeur d’une nation. Cependant, la question qui taraude et qui s’impose c’est de se demander de quoi souffre le système éducatif public marocain et quels moyens peut-on mettre en œuvre pour l’améliorer ?

Une grande question qui suscite un bref retour au passé, afin de comprendre les tenants et  aboutissants de ce problème auquel on tarde à trouver une issue.

Afin d’analyser la situation, il conviendrait de mettre en relief les obstacles aux réformes déjà tentées.

L’un des obstacles importants est relatif aux langues, car la langue française fait indéniablement partie de l’histoire du Maroc et constitue par conséquent, une part de son identité. Et au lieu de la renier, on pourrait la renforcer d’une autre langue, telle que l’anglais, afin de donner aux générations futures la possibilité d’être ouvertes sur le monde.

Un autre obstacle non moins important, c’est de devoir faire le choix entre public et privé, tout en connaissant les limites du public et l’anarchie qui règne au privé, sachant qu’il n’est pas règlementé.

L’autre problème majeur se traduit par une infrastructure défaillante relative aussi bien à l’infrastructure de base qu’à l’équipement des salles de classe d’un matériel performant.

Et enfin,  la défaillance du système qui n’arrive pas encore à trouver une réforme en mesure de mettre fin aux lacunes qui sévissent depuis plusieurs décennies.

Cependant, le secteur public étant ce qu’il est, il convient de décrypter ce système du secteur privé, qui a longtemps été critiqué et qui, pourtant, prouve son efficacité par les performances qu’il réalise.

Les écoles publiques sont gratuites et leur gestion est étroitement assurée par les Académies et les Directions Régionales. Alors que les écoles privées sont gérées de façon autonome sans réglementation sur les recrutements ou sur les tarifs, et sont soumises au même programme national, et généralement sont peu ou mal inspectées.

Pour le secteur public, les diagnostics fonctionnels et les rapports d’audit pédagogiques ne tarissent pas de critiques et les rapports de la Banque mondiale y ajoutent leur grain de sel. Le constat est alarmant aussi bien sur l’équipement, que sur la gestion des écoles, ou le rendement interne et le rendement externe, notamment en proportion d’élèves qui parviennent à obtenir le baccalauréat.

Pour le secteur privé,  et dans l’ensemble des débats, et en l’absence d’une évaluation transparente, les partisans du public ont toujours avancé que le secteur privé souffre des mêmes maux qui sévissent dans le public, puisque les mêmes programmes y sont dispensés, avec des enseignants mal formés, la recherche du bénéfice qui prévaut en oubliant la qualité.

Cependant, les écoles privées ont un excellent taux de rendement interne et affichent un taux moyen de réussite au baccalauréat de 90%, alors que le public avoisine les 55%.

Le rapport d’inspection du ministère, menée entre mars et avril 2017 sur un échantillon de 12% des établissements privés (soit 459) révèle que sur le plan de la prestation académique, 89% des établissements fonctionnent normalement, dont 26% sont accompagnés par les Académies ; et que sur le plan administratif, 72% des établissements ne connaissent pas de défaillances.

Il est certain que la gestion d’une école privée est soutenue par un promoteur intéressé par la réalisation de bénéfices, mais motivé par la réussite de son établissement.

Cette gestion est souvent portée par des salariés qui sont soumis aussi bien à l’évaluation qu’à la sanction.

La prestation pédagogique dans une école privée est assurée par des enseignants soumis à une triple évaluation, à savoir celle de l’école, celle des parents et celle de la délégation régionale, avec à la clé, des sanctions qui peuvent aller jusqu’au licenciement.

Et il faut reconnaitre que ces enseignants sont aussi rémunérés par des salaires conséquents, variables selon la qualité et le rendement.

Tout ceci constitue un ensemble de leviers dont sont privées les écoles publiques, tout en sachant que les moyens investis par les promoteurs privés sont beaucoup moins importants que ceux du secteur public.

Une évaluation d’efficience, somme toute très honorable pour ce secteur qu’on a longtemps critiqué et qui prouve ses performances.

Ce qui est certain, c’est que ce secteur commence à s’imposer par ses résultats et que certaines écoles privées, de nouvelle génération, se sont déjà alignées sur le même plan que les meilleurs standards de qualité mondiaux.

La perspective serait louable si ces standards pouvaient se généraliser à toutes les écoles privées, de sorte à instaurer une barrière à l’entrée qualitative, à même de hisser les performances de tout le secteur.

Les résultats du classement mondial établi par l’UNESCO est certes une réalité amère. Mais il ne tient malheureusement pas compte des performances du secteur privé dans lequel évoluent les enfants de la classe aisée du Royaume, mais surtout et essentiellement, ceux de la classe moyenne dont les parents se font saigner à blanc pour assurer à leur progéniture un enseignement de qualité.

Preuve à l’appui, ces enfants brillent par leur excellence en frôlant de peu le « sans faute » au bac.

 

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