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Par: Khadija Choukaili

3achoura, une fête perçue, depuis des siècles, comme celle de l’enfance. Une fête au cours de laquelle les enfants donnent libre cours à leur allégresse. Célébrée jadis dans la tradition des réunions familiales pendant lesquelles petits et grands jouaient de tam-tam et laissaient éclater leur joie, elle s’est transformée au fil du temps en un rituel des temps modernes.

En effet, ce qui devait être une occasion de créer une ambiance festive, est devenu une raison de provoquer et de terrifier les concitoyens avec des pétards et des fumigènes, sans aucun souci des risques de dégâts matériels et parfois même en vies humaines….Et la fête et la jubilation pour les uns, est devenue hélas, un cauchemar pour les autres.

Dès le petit matin, le jour d’après 3achoura, on assiste à des scènes de désolation et de sinistres. La joie de la veille a donné lieu à une réalité cauchemardesque. Ce qui, jadis, était un feu de joie allumé à partir de quelques branches ramassées ici et là, est devenu un vrai feu d’enfer sorti des pires scènes des films d’horreur.

Les petites branches ont cédé la place à des pneus d’occasion que les jeunes prennent la peine de stocker bien avant la nuit fatidique. Le jour J, cet amas de pneus est embrasé par des connaisseurs en pyrotechniques, de telle sorte que le feu brûle pendant des heures.

Inutile de rappeler les conséquences sur l’environnement. La pollution est à son point culminant avec l’odeur insupportable du caoutchouc, les cendres noires qui jonchent la chaussée, la fumée qui a laissé un nuage qui s’est répandu sur des kilomètres à la ronde…

Mais pourquoi ce rituel s’est-il transformé, en quelques années, en scènes apocalyptiques ?

Il est vrai que se réunir autour d’un feu, en faisant exploser des pétards  et en lançant des mini-fusées, donne certainement un sentiment de jouissance d’un type particulier. Mais ceci devrait rester dans la limite de la joie et du plaisir.

Quant aux pétards, fumigènes et tout autre artifice, les jeunes usent et abusent d’idées et de créativités pour en faire de véritables explosifs, si bien que les conséquences sur les citoyens deviennent gravissimes.

Bien que les autorités aient formellement interdit la commercialisation de ces petits engins explosifs destinés à produire du bruit, mais qui présentent un grand danger pour la santé et la sécurité des citoyens, leur commerce illicite est florissant. La loi n° 22-16 régissant les explosifs à usage civil, les feux d’artifice et les équipements pyrotechniques, a été adopté en juillet 2016.

Et malgré tous les appels à la vigilance et les efforts entrepris pour lutter contre l’usage de ces explosifs mettant en péril la vie des citoyens et citoyennes, la célébration d’Achoura n’est pas passée sans générer son lot de dégâts matériels et humains.

En effet, un jeune a perdu la vie à Casablanca, suite à l’explosion d’un pétard au niveau de son cou, ce qui lui a été fatal.

Et donc comme chaque année, cette terrible nuit de fête a été entachée de sentiment de douleur et de deuil. Le bilan est lourd et plusieurs familles ont passé cette soirée festive soit en hôpital ou en clinique, pour tenter de sauver leurs enfants blessés qui, pour laisser éclater leur joie, ont eu recours à ces jeux interdits et dangereux, et qui paradoxalement, sont malheureusement victimes par ignorance des dangers que ces explosifs représentent.

Il est regrettable de faire le bilan d’une seule soirée censée être une soirée de fête, pour se rendre compte au petit matin que c’était une nuit d’horreur laissant un arrière-goût de peine et de souffrance.

Il serait grand temps d’encadrer les enfants et les imprégner de nos coutumes ancestrales pour que le jour d’après 3achoura soit aussi un jour de joie et d’allégresse.

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