10ème édition de la semaine de l’environnement…ENCORE UNE

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A peine les organisateurs du forum de la mer ont-ils plié bagage, que ceux de la semaine de l’environnement pointent déjà à l’horizon.

Une 10ème édition prévue du 1er au 04 Juin 2016 sous le thème « Doukkala fête la COP 22. Vers une nouvelle gouvernance de la mer et du littoral : Défis et perspectives du développement durable des zones côtières » et dont le choix   des sujets programmés,  laisse rêveur : « Littoral face aux enjeux climatiques », « La loi du littoral »,  « La protection du littoral », « Vulnérabilité du littoral », « Impact de l’aménagement du littoral sur le milieu environnemental »…

Des organisateurs qui semblent  s’être trouvés pour vocation : la sensibilisation du citoyen.

Mais le choix d’un tel sujet, se limite-t-il à  la sensibilisation du simple citoyen ou relève-t-il de la compétence et de la volonté politique des Etats et autres organismes internationaux ?

Que peut réellement une telle association pour le littoral ?

Que peut l’Etat marocain, lui-même, pour   empêcher la surpêche, l’utilisation de techniques destructrices, la pollution et les changements climatiques ?

De nombreux accords et engagements internationaux et  nationaux ont eu lieu à ce propos. Mais les accords et engagements qui en ressortent, n’ont de sens que s’ils sont mis en application. Et une  volonté politique est plus que nécessaire.

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Des milliers d’emploi  dépendent de la pêche, principalement  artisanale. Et bien que la pêche ne soit pas un secteur économique aussi important que le tourisme, elle fait partie de notre identité culturelle  et reste importante pour les économies locales. La surpêche est considérée comme la menace la plus importante pour l’environnement marin. Beaucoup de stocks de poissons ont été surexploités, ce qui a causé dans certains cas, un effondrement spectaculaire. La qualité des prises, tant en termes de composition par espèces que de taille des poissons capturés, a décliné. Dans un certain nombre de zones, les espèces à longue durée de vie et à croissance lente ainsi que les spécimens les plus grands des espèces visées ont presque entièrement disparu des captures de poissons de fond. La quantité de poissons capturés  a considérablement diminué par rapport aux taux de captures observés il y a quelques décennies.

Au-delà du discours…

À cause de cette surpêche, les captures débarquées se composent de poissons de plus en plus petits. La pêche illicite, non déclarée et non réglementée  est un problème majeur, lié à l’absence de système de gestion efficace, mais aussi à une pression commerciale toujours plus grande sur des ressources en diminution.  Un bon exemple en est l’usage des filets dérivants, technique utilisée pendant des décennies, par les Espagnols dans nos eaux territoriales. Tout traitement poussé du problème de la pêche, se heurte à des obstacles aussi multiples que considérables qui sont autant de facteurs contraignants non négligeables. – Les contraintes financières limitent la fréquence et l’intensité des opérations de surveillance, l’utilisation de navires de patrouille par exemple. – La mise en place de programmes de formation adéquats. – Le déploiement à grande échelle d’instruments de suivi, contrôle et surveillance. – L’absence de régime juridique applicable en haute mer…

El-Jadida, qui accueille tant de manifestations allant dans ce sens, reste cernée au nord, par une zone industrielle   déversant  ses métaux toxiques sur sa plage, au milieu des baigneurs, et au sud par le port Jorf Lasfar, qui se charge de finir la sale besogne.

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Qu’a pu faire cette association en faveur de cette ville ?

Et que peut-elle faire, lorsqu’on sait que ceux qui alimentent sa caisse, ne sont autres que les plus grands pollueurs de la région ?

Mais de qui se moque-t-on ?

10ème ou 100ème édition, oui, mais pour quel réel apport ?

Ce rendez-vous est revenu,  nous rappeler que cela fait 10 ans déjà qu’une telle manifestation est organisée par l’association des Doukkala,… Dix ans qu’elle revient  avec  ses sujets des plus « pompeux » et qu’elle n’a aucunement, ni les moyens, ni les compétences nécessaires à leurs réalisations.

Dix ans qu’organisateurs et invités passent une semaine à parler de la pollution, de l’atmosphère, de la mer, de l’énergie renouvelable…à  un citoyen, dont la ville ne possède même pas une toilette publique !

Si au lieu de se retrouver depuis dix années pour « parler de l’environnement », cette association avait bâti en marge de cette manifestation, une vespasienne (WC), on aurait aujourd’hui à El Jadida, dix toilettes publiques. Dix vespasiennes qui éviteraient bien des désagréments aux jdidis et  aux touristes, tout en améliorant l’environnement et en créant des emplois.

Si durant ces dix années, on avait mobilisé les élèves, d’environ 10 – 11 ans, des écoles d’El-Jadida et qu’on leur avait permis de prendre part à  chaque campagne  de propreté, on aurait  aujourd’hui, une « génération association des doukkala ». Une génération disciplinée, formée, responsable et consciente du rôle qu’elle est appelée à jouer pour préserver l’environnement. Des campagnes encadrées et accompagnées par une  mobilisation totale  des  sociétés de nettoyage…

Nous ne sommes nullement en train de faire un procès à cette association, mais simplement de  rappeler à ses responsables, qu’ils sont entrain de faire cavaliers seuls et …fausse route.

« Ce que vous faites pour moi, sans moi, vous le faites… contre moi »  avait dit Gandhi.

Quant à une certaine presse, elle ferait mieux de se taire, au lieu de continuer à fanfaronner à  propos de tous ce qu’organise cette association…espérant par ce comportement lâche et condamnable,  bénéficier d’une éventuelle « générosité » de son boss.

Et dans un pays où l’adage populaire dit que même le scorpion ne donne rien sans contre partie….

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